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ESCALE CARREFOUR JOHNY BALENG.

Bien malin celui qui pourrait nous dire pourquoi le chef Johny Baleng 1er, avait pu, longtemps avant l’indépendance, baptiser le carrefour du village Baleng par le vocable « Môh Tissong » qui signifie en langue Yemba : « petite ville » !!! Il nous souvient que c’est à ce carrefour, devant la boutique de Tom-Tom, que le Commandant de Région interpella le chef du village en ces termes : « Tais-toi Johny Baleng !!! » Et ce dernier de répliquer avec fermeté : Je ne tais-toi pas, mon commandant !!!.   

Au fil des ans, le lieudit « Carrefour Johny Baleng » a grandi et est devenu un centre urbain en pleine expansion et une destination touristique bien courue. C’est bien ici, porte d’entrée nord de la ville de Dschang, que les autorités civiles et militaires du chef-lieu du département de la Menoua viennent attendre ou dire au revoir aux hôtes de marque en mission ou en visite dans la cité climatique de Dschang.

La popularité du carrefour a été telle que certains ont transformé le nom du village en « Village Johny Baleng » en violation de l’arrêté préfectoral de 1967 qui désigne cette chefferie de 3e degré par Village Baleng tout court. C’est ici que les voyageurs à destination du nord de Bafou sortent des cars ou des bus. Tout permet aujourd’hui d’affirmer que Johny 1er était un visionnaire avec le nom attribué à cet endroit qui ne payait pas de mine dans les années 1950.

Pour ceux qui veulent se détendre en levant le coude, il leur sera servi du bon  « Magnan Haut Médoc » chez Moho Fo’o-Ghap, chez Jean-Bêèèh, chez Gros-Mi, chez Ma’ah-Leng, chez Wilson, chez « Majesté » sans oublier la terrasse de l’alimentation de Richard et le salon de thé de Zoleko Abel « Je m’amuse ». Et vous boirez sans manger ? Nada !!! Viande de porc de la « Maison Mère » et poisson braisé de Cécile Mema Môho se disputeront votre palais avec le bouillon de rat de chez Georgette, les plats du « tourne dos » de Ma’a Nicole à l’ombre des toitures coniques, le menu du Bar Restaurant au rez-de-chaussée de l’immeuble Nkapout Rose sans oublier le pilé de pommes de terre aux feuilles de melon et le Koum-koum sauce pistache de l’honorable Ma’a Mêfo’o Moho-Ndjeuyim Diane.

Le carrefour Johny Baleng grouille d’une activité intense et plurielle car en plus d’un marché périodique qui se tient les « Mbouolo » et tous les huit jours, de nombreuses boutiques de petit commerce s’accompagnent du foisonnement des petits métiers qui retiennent l’attention. Ne soyez pas surpris si vous entendez le toc-toc-toc d’un savetier ambulant qui sillonne les pistes du village ou que l’on vous parle discrètement d’un endroit doté d’une « ampoule rouge ».

Les transporteurs par motos ou tricycles, les réparateurs de motos et scooters, les tenanciers de moulins à grains et de moulins pour condiments verts et légumes frais, les réparateurs de roues, les menuisiers bois, métal et aluminium, les vitriers, les coiffeurs, les tailleurs, les vendeurs de bois (planches, lattes, bastaings et même le bois de chauffage), trois quincailleries et quatre fabriques de parpaings sont installées à Baleng. Venez ici si vous avez besoin de sable ou de gravier.

Les artisans (maçons, plombiers, électriciens, peintres, charpentiers, etc…) ne sont pas de tout repos car ici, le bâtiment marche tous azimuts.

Avec son centre de santé d’une douzaine de lits doté d’une pro-pharmacie, avec un parc de location d’engins lourds pour terrassement, avec une aire de chargement des vivres frais (pommes de terre, maïs, choux, poivrons, carottes, etc. ) à destination de Douala, de Yaoundé et du Gabon, avec une agence de transport inter-urbain sur la ligne Dschang-Yaoundé- Bertoua, avec une usine de fabrication d’aliments pour bétail et une autre pour ensacher les intrants agricoles, avec une grande quincaillerie assortie de machines dont un tour à bois de Ndouh-Môh-Tissong, Baleng a tout d’un centre urbain aux activités florissantes.

En dépit de cette peinture idyllique, tout n’est pas rose dans le village. L’implantation et le développement des activités génératrices de revenus s’accompagnent malheureusement des cas de délinquance juvénile (jeux de hasard, tables de billard et de babyfoot, dépravation de mœurs, prostitution, consommation de stupéfiants). Des cas de vol sont régulièrement signalés dans les boutiques et les domiciles. La commission sécurité du Comité de Développement du village prend ce problème bien à cœur et sollicite de temps en temps le concours de la gendarmerie de Nkong-Zem dont les descentes inopinées dans le village sont de plus en plus sollicitées parce que dissuasives.

La réalisation d’un ambitieux projet d’aménagement du carrefour porté par une élite qui est en même temps notable est vivement attendue car elle pourra complètement changer le visage de ce village que Dieu a placé à l’entrée Ouest du groupement Bafou.

Une attention particulière doit être accordée aux jeunes qui fréquentent les bars du carrefour et dilapident sans réfléchir, l’argent difficilement gagné dans les multiples jobs des champs, des chantiers ou des petits travaux du carrefour.

(é) Moho-Lekouet Donkeng Cosmas.