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LES PLEURS AVEC LES LARMES (LAMENTATIONS) CHEZ LES BAFOU. POURQUOI ? ET COMMENT ? Partie 1

Après une période à vide, l’équipe de Bafou.org reprend du service avec une série d’articles qui nous plongeront tant dans l’histoire du groupement Bafou que dans les us et coutumes Bamiléké en général et ceux du groupement Bafou en particulier. Après s’être rendu compte que beaucoup ne foule le sol du village que pendant les obsèques d’un membre de leur famille ou d’une connaissance, constatant que la plus grande partie de la spiritualité en pays Bamiléké repose sur le culte des morts, nous vous présentons, sous la plume du patriarche Mô’ô Temoyim Tsombeng Jean, chef de la famille Temoyim Ma’a, à Lefè Djeuyim - Bafou, I.A.E.B émérite, dans un premier temps les étapes qui entourent les obsèques d’une personne à Bafou.

 

Vos commentaires, vos remarques et critiques sont les bienvenus car, aucune œuvre humaine ne saurait être parfaite. Aussi, nous prions toutes les bonnes volontés qui ont à cœur de valoriser et de pérenniser nos valeurs traditionnelles de ne pas hésiter à se joindre à l’équipe de Bafou.org pour qu’ensemble nous défendions cette cause.

Pour l’équipe de Bafou.org, le DP :

Guy Mathurin NGUEZET

Contacts utiles : +237 677630545 / +237 699043941 Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

Mo'oh Temoyim Tsobeng

 Le patriarche Mô’ô Temoyim Tsombeng Jean, chef de la famille Temoyim Ma’a, à Lefè Djeuyim - Bafou, I.A.E.B émérite

 

INTRODUCTION

Autrefois à Bafou, quand une personne décédait, l’organisation de ses obsèques suivait immédiatement, selon un certains nombres de rites et de cérémonies funéraires que l’on peut résumer en trois grands moments ou phases : avant, pendant et après les obsèques. Chacune de ces phases comporte plusieurs étapes qui peuvent se situer à court, à moyen ou à long terme. Certaines de ces étapes sont aujourd’hui, soit abrégées, soit tout simplement supprimées pour diverses raisons, plus ou moins fondées. Dans le cadre du présent article, Nous nous limiterons uniquement aux étapes inhérentes au deuil avec les larmes, « leweuh ntsieh neuk ». Et nous insisterons au passage, sur l’importance et la valeur thérapeutique que les pleurs peuvent revêtir, en rapport avec les fortes et intenses émotions qu’éprouvent souvent certaines personnes endeuillées, face à la mort, face au corps froid et inerte d’un des leurs.

I. Avant les Obsèques

I.1. Préparation et exposition du corps

Cette phase consiste à laver, arranger et exposer le corps dans la grande case de la concession (sur un lit) ; la morgue n’existait pas. Il reste entendu qu’on ne procédait ainsi que pour les défunts dont la mort était survenue dans une case, entouré des siens. Les autres genres de mort étaient traités différemment selon le cas.

I.2 Annonce du deuil et début des pleurs avec les larmes (lamentations)

Bien avant l’adoption des modes de vie des colonisateurs et l’influence des religions étrangères, lorsqu’un décès survenait ou mieux lorsqu’un deuil « venait de sortir », l’entourage immédiat du défunt poussait des cris de détresse et toutes les personnes dans le voisinage, alertées par ces cris, accouraient vers la concession endeuillée. Des émissaires étaient envoyés vers les membres de la famille des quartiers et villages éloignés. On entamait immédiatement les pleurs. Des tours de deuil étaient organisés au fur et à mesure que des membres de la famille, des amis ou des compatissants arrivaient « n’tsui leweuh » (littéralement prendre le deuil, accueillir). Les dispositions pour l’inhumation suivaient immédiatement. Les techniques de conservation des corps telles que boucher les orifices du défunt avec des feuilles ou de la poudre de tabac, exposer le corps à l’air libre recouvert de feuilles et des morceaux de tronc de bananier en lamelles, étaient rudimentaires et peu efficaces, au-delà de deux jours, selon les saisons.

Aujourd’hui, eu égard au développement démographique, à l’urbanisation et à l’éparpillement des membres de la famille à travers le monde, lorsqu’un décès survient, les choses se passent autrement : les proches du défunt, après avoir mis le corps à la morgue, décident d’un jour, le plus proche possible du jour du décès, pour aller annoncer le deuil « ndeung n’goung leweuh », au domicile du défunt ou dans la concession familiale au village. Question d’informer les ancêtres et les divinités de la mauvaise nouvelle. Généralement à cette occasion, un conseil de famille se tient pour déterminer et fixer la date des obsèques et le programme des rites et cérémonies subséquents.

Il faut bien préciser que l’annonce du décès d’un notable ou d’un chef traditionnel obéit à un protocole tout à fait différent qu’il ne serait pas opportun de décrire ici.

Une fois le jour de l’ouverture du deuil arrivé, des séances successives de tours de deuil vont être organisées au fur et à mesure de l’arrivée des membres de la famille, des amis, des proches et autres compatissants. C’est le moment pour les plus concernés d’extérioriser, de donner libre cours à leurs émotions. D’abord individuellement par des cris, puis par des pleurs, et collectivement avec les autres, dans des processions en deux rangs opposés (hommes/femmes), animées par des chansons funèbres, entonnées par une femme douée et expérimentée, ayant une connaissance approfondie de la famille, maitrisant les rapports des uns et des autres avec le disparu, apte à susciter des regrets, des émotions et des souvenirs de la vie du défunt, de ses œuvres qui à jamais manqueront aux siens. De l’autre côté, la cadence de la marche est rythmée par une double cloche, «Ala’ah mevfwouh», tenue par un homme rompu à son art, maîtrisant son instrument. Tout le monde évolue en pleurant. Les femmes multiples des gestes et des signes de chagrins, et d’affliction dont elles seules ont le secret. Les hommes, pour les plus émotifs, pleurent aussi et laissent couler leurs larmes. D’autres par contre, médusés, se murent dans un profond silence méditatif.

Les lamentations ou les pleurs avec les larmes, offrent ainsi, un moment propice aux membres de la famille directement concernées de se soulager, de se libérer du choc face à une épreuve douloureuse qui marque une rupture d’autant plus importante que le décès est soudain et inattendu. Particulièrement touchées, ces personnes risquent une dépression marquée par la colère, la révolte, la tristesse et le refus d’y croire. La perte d’un enfant, par exemple, est particulièrement pénible parce que l’enfant incarne la vie, l’espoir de la perpétuation de la lignée, et il est anormal et inacceptable qu’un enfant meure avant ceux qui l’ont mis au monde. A ce propos, Marie-Claude Roy écrit : « la première réaction à un décès est souvent le refus d’y croire, surtout lorsque la mort survient de façon soudaine. La réalité de la mort constitue un choc, une rupture, et d’une certaine façon, quelque chose d’incompréhensible, qu’il est difficile d’accepter et qu’on refuse d’une manière ou d’une autre. 

C’est le mécanisme de déni qui protège pendant un temps, d’un débordement émotionnel trop intense et constitue une forme d’écran entre soi et la réalité difficile … s’il est utile temporairement, le déni doit nécessairement laisser la place à cette réalité difficile de la perte »1

Ceci explique pourquoi les personnes endeuillées, éprouvées et déprimées, bénéficient très souvent de la part des amis et des proches, d’un entourage, d’un soutien, et d’un accompagnement bienveillants, très importants et indispensables pendant cette période difficile, pour en atténuer les effets qui, généralement vont s’estomper avec le temps. Cette présence réconfortante et consolante, le partage des souvenirs et des émotions avec les concernés, permettront que la vie continue avec le souvenir du disparu. Cet être cher qui va leur manquer, cet être avec qui ils ont partagé des moments de vie, ont élaboré des projets ! Un être cher qu’ils regrettent et qu’ils pleurent. Ainsi, entend-on à l’occasion de ces concerts débordants de pleurs, des paroles de lamentation, des plaintes et des regrets qui expriment bien le vide irremplaçable que laisse le défunt au milieu des siens, par exemple :

-Mon mari, veux-tu vraiment nous abandonner ? Qu’allons-nous devenir sans toi ? Qui va encore s’occuper de tes enfants comme toi-même ? Qui va acheter leurs cahiers et payer leur scolarité ? Qui nous achètera notre l’huile ?...

-Ou vas-tu, papa ? Qu’allons-nous devenir sans toi ? Qui va encore veiller sur nous ? Qui nous achètera encore  jouets et habits de fête ?

-Maman, qui va encore nous servir le bon « pilé » chaud ou le tarot avec la sauce dont toi seule avais le secret ? Qui nous dira encore « mange et ajoute » ?

- Etc.

Pleurer avec le soutient et l’accompagnement des siens, acquiert ainsi une valeur thérapeutique indéniable, efficace pour soulager et protéger les affligés des fortes et intenses émotions qui pèsent sur eux, les perturbent et risquent de les étouffer, voire de les emporter. C’est pourquoi à Bafou on suscite ces pleurs et on laisse les éplorés pleurer à chaudes larmes pour se défouler, se libérer en vidant pour ainsi dire, leur sac.

II. PENDANT LES OBSEQUES

II.1. Les descentes ou tours de deuil

a. Des différentes belles familles concernées ;

b. Des associations, cercles et réunions dont le défunt ou la défunte était membre et celles dont certains fils ou filles sont membres ;

c. Des amis et autres compatissants.

 

En général, chaque personne ou chaque délégation qui descend dans une cour de deuil, est sensée connaître sa position selon son statut ou ses rapports avec la famille. Par exemple, les amis de chaque membre de la famille éprouvéese rangent derrière celui-ci pour le consoler, le soutenir en lui mettant, chacun à son tour, la main par-dessus les épaules ou autour des hanches.

Nkengue Nanke

 

Mezatio Virgine

Mezatio Virgine

Nkengue Nanke

 

Nkengue Nanke

Mezatio Virgine

A suivre …. 

LES PLEURS AVEC LES LARMES (LAMENTATIONS) CHEZ LES BAFOU. POURQUOI ? ET COMMENT ? PARTIE 2

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