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Interview du Professeur CHELO David dans le cadre de la lutte contre la COVID-19 et des éclairages sur la vaccination

Bafou.org a pensé que vous êtes l’un des fils Bafou Médecin-pédiatre qui peut donner des conseils et une conduite à tenir aux parents à la veille de ce retour programmé à l’école à travers cette tribune par rapport à cette pandémie qui ne laisse personne indifférent : Le Corona Virus ou COVID 19. Notre entretien portera beaucoup plus sur les enfants en raison de votre spécialité.

Merci d’avoir accepté de vous prêter au micro de Bafou.org.

 

Tout d’abord, Professeur, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs Professeur ?

Merci de me donner l’opportunité d’apporter ma modeste contribution de par notre profession à l’information des lecteurs de notre tribune.

Je suis Professeur David CHELO, Agrégé de Pédiatrie, Spécialiste en Cardiologie Infantile, enseignant de Pédiatrie à la Faculté de Médecine et des Sciences Biomédicales de l’Université de Yaoundé I, Chef de la Division Médicale et Technique du Centre Mère et Enfant-Fondation Chantal BIYA, Chef de Service de Cardiologie Pédiatrique.

Comme vous l’avez dit, je suis fils Bafou

 

Professeur pouvez-vous nous décrire comment un parent peut faire pour savoir que son enfant est atteint de la COVID 19 ? Ou bien y a-t-il des symptômes  particuliers chez les enfants ?

Il n’y a pas de symptômes spécifiques de coronavirus

D’une façon générale, les principaux signes sont :

- manifestations respiratoires (toux habituellement sèche, écoulement nasal/nez bouché, mal de gorge, difficultés respiratoires à un stade avancé)

- fièvre qui a tendance à être élevée et persistante

- fatigue intense, douleurs musculaires et articulaires

- maux de tête généralement violents

- perte totale du goût et de l’odorat.

Mais d’autres signes existent chez l’enfant : douleurs abdominales ; vomissements ; diarrhée ; éruptions cutanées sous forme de petits points rougeâtres, conjonctivite.

Le sujet atteint de Covid19 peut avoir un ou plusieurs de ces signes. Il peut aussi n’en présenter aucun.

De plus, ces signes sont les mêmes qu’on retrouve dans les autres maladies fréquentes de l’enfant.

Vous comprenez qu’il est difficile qu’un parent tout seul sache que son enfant est atteint de Covid19. C’est donc un faisceau d’arguments (notion de contact avec une personne testée positive, la persistance de certains signes malgré un traitement bien conduit) qui permet d’enrichir la suspicion. Quoi qu’il en soit, la confirmation se fera par un test biologique ou un scanner pulmonaire le cas échéant qui montre des signes cette fois-là spécifiques.

 

Avec les enfants dont le contrôle est déjà bien difficile, comment prévenir efficacement cette maladie mortelle ?

Votre préoccupation est fondée. L’enfant par son extrême mobilité est un grand agent de contamination. Pire encore, il peut être porteur de la maladie et être parfaitement asymptomatique, et ainsi, n’attirer ni l’attention, ni la méfiance de personne.

Toutes les mesures de prévention de la maladie concernent tout le monde. Principalement pour les enfants, les parents doivent beaucoup s’investir dans la sensibilisation pour que les enfants comprennent le danger de la maladie et le sens des mesures prises. Ne pas hésiter à prendre des exemples concrets et même choquants dans les média et réseaux sociaux. Les principales mesures de prévention devraient être :

-         Le confinement : les enfants doivent rester chez eux. Ne pas rendre visite et ne pas recevoir la visite des amis. Diminuer au maximum les occasions de sortie même pour aller à la boutique. 

-         Port de masques (pas avant 2 ans) en cas de sortie occasionnelle (boutique, hôpital,…) ou en présence d’une personne étrangère à la maison ou suspecte de la maladie.

-         Hygiène des mains : se laver régulièrement les mains à l’eau et au savon

Dans tous les cas, les parents doivent sensibiliser ces enfants sur les risques de la maladie pour ces enfants eux-mêmes tout comme pour leurs frères et surtout pour les parents.

Pour la reprise des classes, heureusement qu’elle ne concerne que les enfants des classes d’examen. Les plus jeunes seront donc ceux de  class 6 et CM2, soit environ 10 ans pour la plupart. Ils peuvent en principe comprendre les mesures barrières (masques et distanciation physique)  et les mesures d’hygiène (lavage des mains, toux et éternuement dans le creux du coude)  et y adhérer plus facilement que les plus jeunes. De plus, le nombre réduit et la distanciation physique préconisée dans les salles de classe diminuera considérablement les contacts ainsi que les tendances de jeux. Ces élèves doivent bien intégrer qu’ils sont de potentiels facteurs de contamination et peuvent constituer un réel danger pour tout le reste de leur famille. Il n’est pas superflu de rappeler aux plus jeunes tous les matins les gestes barrières et mesures d’hygiène avant leur départ pour l’école.

Nous avons proposé aux Ministères en charge de l’éducation de consacrer au moins 5 minutes chaque matin pour parler des mesures de prévention de la Covid19 dans toutes les salles de classe.

 

Est-il possible de mettre un enfant en quarantaine ? Comment se traite la COVID 19 chez les enfants ?

La mise en quarantaine consiste à mettre à part un individu ou un groupe d’individus chez qui il existe une suspicion ou une probabilité de maladie contagieuse (le plus souvent infectieuse) pour empêcher le contact avec des personnes supposées « saines » et limiter ainsi la propagation de la maladie éventuelle. Historiquement et étymologiquement, la durée était de quarante jours (d’où le nom « quarantaine »). Mais la durée est variable selon l’évolution naturelle de chaque maladie. Elle est de quatorze jours pour la Covid19.

L’isolement quant à lui concerne les personnes confirmées malades qu’on met à l’écart pour éviter qu’ils en contaminent d’autres.

Bien sûr qu’on peut mettre un enfant en quarantaine ou en isolement. Mais la rigueur dépendra de l’âge de l’enfant. Pour ceux qui sont encore très dépendants des parents (moins de 8-10 ans), la tâche sera plus difficile et généralement ils seront avec un parent (le plus souvent la mère). Pour les plus grands, ils peuvent être traités comme des adultes.

 

Avec toute cette polémique autour de la vaccination, pouvons-nous savoir s’il y a déjà un vaccin pour la  COVID 19 ?

Il n’y a pas encore en ce jour un vaccin reconnu et recommandé par la communauté scientifique contre la  Covid 19

 

Est-il possible d’avoir un vaccin pour chaque maladie ?

Il n’est pas facile d’avoir des vaccins en général. Il y a des étapes absolument nécessaires à suivre pour chaque vaccin. Ces étapes sont principalement des tests in vitro en laboratoire, des essais sur les animaux et des essais sur les humains volontaires dans un cadre bien surveillé et sécurisé. Tout ceci est financièrement lourd et coûteux en temps et en ressources humaines scientifiques.

Pour se lancer dans pareille entreprise, il faut que cela en vaille la peine. Ainsi, pour certaines maladies banales, peu ou pas tueuses ou handicapantes, le vaccin n’est pas nécessaire. Par contre, pour des maladies dont le potentiel de décès ou de séquelle handicapante est élevé, il est indispensable d’avoir un vaccin.

Professeur, expliquez-nous simplement ce que c’est que la vaccination

La vaccination consiste à protéger un individu contre une maladie en stimulant son système immunitaire par l’inoculation dans son corps d’une substance appelée « vaccin ». Après l’administration du  vaccin, l’organisme élabore lui-même sa propre défense et garde en « mémoire » les caractéristiques de l’ «agresseur », tant et si bien qu’à la prochaine « agression », la réaction de défense de l’organisme est plus rapide et plus coordonnée et donc plus efficace. Pour un vaccin efficace, le sujet ne se rendra même pas compte qu’il a été en danger.

La vaccination est la plus grande révolution de tous les temps de la médecine. C’est sans aucun doute le meilleur moyen de combattre les maladies infectieuses et de limiter les décès chez l’enfant.

 

Qu’est ce qui explique ces différentes alertes de boycott de la vaccination à travers le monde ?

Effectivement, ces derniers temps, certaines personnes dans les réseaux sociaux tiennent des propos négatifs vis-à-vis de la vaccination, parfois à grands renforts d’explications et de démonstrations plus ou moins cohérentes. Il est difficile pour moi de vous dire exactement quels sont les buts recherchés par ces personnes. Comme tout acte médical ou tout acte de la vie tout simplement, il peut y avoir quelques effets gênants après certains vaccins. Ces situations sont rares, généralement banales et passagères. Elles ne sauraient en aucun cas justifier la remise en question de la pertinence de la vaccination dont le bénéfice reste très largement supérieur à ses effets indésirables.

Je remarque que ceux qui suivent et relaient les propos de ces saboteurs de la vaccination le font le plus souvent par naïveté, suivisme et effet de mode à la recherche du sensationnel qui est un « fonds de commerce » des réseaux sociaux. En effet, ils n’ont aucun élément pour juger de la véracité ou de la pertinence des propos rapportés.

J’aimerais tout de même attirer humblement  l’attention des uns et des autres sur le fait que de tout temps et partout dans le monde, il y a des gens qui pour des raisons qui leurs sont propres refusent ou font certaines pratiques et cherchent les raisons pour faire adhérer le maximum de personnes. On est plus au courant maintenant juste parce que les réseaux sociaux rendent le monde minuscule. En exemples :

- dans certaines chapelles religieuses, la vaccination est interdite. Dans d’autres, la transfusion sanguine est inacceptable

- il y a des végétariens et certains d’entre eux disent trop de mal de la viande

- il y a aussi des nudistes qui préconisent que tout le monde se mette à poil 

- etc...

 

Est-il vrai que les vaccins qui entrent en Afrique ne subissent aucun contrôle ? L’Etat peut-il laisser exterminer ses citoyens à travers des vaccins ?

Ces propos sont totalement faux et pas responsables. Nul besoin de m’étendre dans les explications. Combien des lecteurs de ce document ont eu des effets néfastes après la vaccination de leurs enfants ou des enfants de leurs proches ? La fièvre qui survient souvent après vaccination est un phénomène physiologique, donc normal. C’est une réaction inflammatoire, indispensable pour l’organisme dans son processus normal d’élaboration de ses stratégies de défense. C’est pourquoi on avertit les parents et leur demande de prévoir un antipyrétique après certains vaccins.

Pour quelle raison un pays chercherait à exterminer sans distinction ses citoyens ? Je n’en vois aucune.

 

De façon générale, comment faire pour que son enfant ne tombe pas malade ?

Il est difficile, voire impossible qu’un enfant ne tombe jamais malade. Toutefois, on peut limiter les risques de maladie, surtout de maladie grave. Ceci passe par l’un ou plusieurs des moyens suivants :

-         Bonne hygiène globale et de vie

-         Alimentation équilibrée et adaptée à l’âge

-         Vaccination selon l’âge

-         Encadrement affectif de la famille

-         Activités de divertissement, en fonction de l’âge

-         Consultation d’un personnel de santé, même en période de « santé »

Il est impossible, pas nécessaire, voire même dangereux de « tout faire » pour que l’enfant n’aie aucune maladie. C’est en effet au contact de certaines petites maladies contractées dans la communauté que l’organisme de l’enfant se prémunit. On parle d’ « immunisation communautaire », sorte de « vaccination naturelle ». C’est ce qui arrive à la maternelle. La 1ère année ils sont très malades (surtout le rhume) au contact de leurs camarades, la 2e année ils le sont moins, la 3e année ils ne tombent presque plus malades.

 

Professeur quelques conseils pratiques aux parents pour savoir si un enfant présente des signes de maladie car, très souvent c’est quand on trouve l’enfant couché qu’on se dérange.

Habituellement, les parents connaissent très bien le comportement de leurs enfants. Au moindre changement, ils s’en rendent compte. A quelques exceptions près, tout enfant en bonne santé joue, mange bien et dort bien. Quand l’un de ces éléments est perturbé, l’enfant n’est plus comme d’habitude. A ce moment, il faut prendre sa température et consulter. Bien entendu, la présence d’un signe évident (fièvre, toux, vomissement, diarrhée, etc…) doit alerter et motiver une consultation.

 

Professeur, toute l’équipe de Bafou.org vous remercie pour votre disponibilité et vos éclairages.

Pr CHELO David

C’était un plaisir. C’est nous qui vous remercions

 

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